’62 Ferrari 250 GTO – Bianco Speciale

par | Sep 2, 2025 | assurance auto | 0 commentaires

Il y a légendes et légendes. Mais parfois certaines légendes donnent naissance à des légendes encore plus légendes que les légendes qui leur ont permis de devenir des légendes. Du coup, elles quittent le monde des légendes pour devenir des légendes de légendes et rentrer dans le monde des légendes encore plus légendes que les légendes. Ouais, prends un verre d’eau une bonne respiration et tu vas voir, tout va bien se passer. Car la légende qui pose ses roues sur DLEDMV aujourd’hui, c’est simplement une Ferrari 250 GTO blanche… la seule, celle qu’on appelle Bianco Speciale.

 

Assurance Véhicule Prestige - DLEDMV 2025 Ferrari 250 GTO Bianco Speciale 22

 

Rosso Corsa

Enzo Ferrari n’aimait pas les voitures blanches. Il trouvait le blanc impersonnel, sans émotion. Au delà du fait que les voitures de course italiennes devaient obligatoirement s’habiller de rouge (les couleurs étaient associées aux pays), il personnifiait ses créations. Et pour lui, rien de mieux que le Rosso Corsa pour représenter l’Italie, la course, la passion, la vitesse et le caractère des machines de la Scuderia. Et même si les toutes premières Ferrari étaient jaunes, le rouge allaient rapidement devenir indissociable des voitures de Maranello.

 

Ferrari 250 GTO

Parmi elles, la 250 GTO, la licorne, celle qui allait mettre tout le monde d’accord avant d’entrer au Panthéon de l’histoire « automobilistique ». Nous sommes au début des années 60. Ferrari ne voit sa marque qu’à travers la course auto. Les sportives de la semaine ne sont là que pour financer celles qui courent le week end sur tous les circuits de la planète. La recherche de la performance est constante, le Commendatore déteste perdre…! Depuis quelques années la référence du grand tourisme et des protos, c’est la famille des 250, motorisées par le V12 de 3.0 l développé par Gioacchino Colombo et qui affichera entre 230 et 300 ch en fonction des différentes évolutions.

 

Bizzarrini, Colombo, Forghieri et Scaglietti

Quoiqu’il en soit, si la dernière 250 GT SWB (châssis court) reste une arme redoutable en GT, elle est doucement mais surement bousculée par les Jaguar Type E, les Aston Martin DB4 GT Zagato ou pas, les Shelby Cobra ou encore la Maserati Tipo 151. Alors histoire de mettre à jour la 250 GT, Giotto Bizzarrini, l’ingénieur en chef de Maranello, décide de glisser la dernière évolution du V12 3.0 l fort de 300 ch (qui animait la 250 Testa Rossa) sur le châssis de la 250 GT SWB. Si ce n’est qu’après un conflit interne, il se retrouve viré. Enzo confit alors le développement et la mise au point de la nouvelle voiture à Mauro Forghieri avant de demander au designer Sergio Scaglietti de l’habiller. Après des tests en soufflerie et validés sur circuit, il va donner naissance à l’une des plus belles voitures de course de l’histoire. Mais pas que… tout est à l’unisson, trains roulants, freinage, efficacité et équilibre, le tout aidé par un poids qui a su de limiter à 900 kg, La belle bête est prête.

 

Une 250 GT SWB modifiée

Il faut savoir qu’à l’époque, le règlement imposait une production de 300 voitures. Mais Enzo va monter une entourloupe en précisant aux autorités qu’il ne s’agissait pas d’une nouvelle voiture mais qu’elle n’était rien de plus qu’une 250 GT SWB modifiée… ajoutez y son influence et ça suffira pour décrocher le ticket d’entrée pour les 36 Ferrari 250 GTO (O pour Omologata) qui seront produites entre 62 et 64 pour dominer la catégorie des GT en sport auto et offrir à Maranello un palmarès de plus de 300 victoires (toutes courses confondues) et 3 titres au championnat du Monde des voitures de sport (62, 63 et 64).

 

Bianco Speciale pour John Coombs

Parmi ces 36 Ferrari 250 GTO produites, une seule s’affichera en Bianco Speciale, le châssis 3729GT. On la doit à John Coombs, un homme d’affaire britannique, propriétaire d’un concession Jaguar et qui va, en parallèle à son business, devenir pilote semi-pro et rapidement ouvrir sa propre écurie. Après quelques années à jongler entre toutes ses activités et un beau palmarès en monoplace et en touring car, il finit par raccrocher le casque pour se contenter de gérer son garage et son team dont cette 250 GTO portera les – sobres – couleurs. Sachant qu’il lui aura fallu user de toutes ses relations, notamment celle avec Alfredo Reali (en charge des projets « spéciaux » chez Ferrari) pour qu’Enzo finisse par accepter sa demande. Sans le savoir, il faisait de sa 250 GTO un modèle unique…

 

Roy Salvadori et Graham Hill

C’est le 8 aout 1962 qu’elle va faire son entrée en compétition, aux mains de Roy Salvadori, célèbre vainqueur des 24h du Mans en 1959 sur une Aston DBR1 copilotée par un certain Carroll Shelby. Sur le tracé de Brands Hatch, il menait l’italienne à la 2ème place et se plaçait juste devant la Jaguar Type E engagée également par Coombs et pilotée par Graham Hill. 12 jours plus tard, à Goodwood, c’est Hill qui pilotera la 250 GTO et montera sur la 2ème marche du podium. L’histoire dira que Coombs, bien entendu proche du constructeur anglais, prêtera sa 250 GTO aux développeurs de chez Jaguar afin qu’ils puissent s’en inspirer pour le développement de la Type E Lightweight !

 

De Jack Sears à John Shirley

A la fin de la saison 63, après une carrière teintée de victoires de classe et de places d’honneur, elle est revendue au Vicomte Eddie Portman qui ne la gardera q’une seule année avant de s’en séparer. Les proprios vont se succéder jusqu’en 1970 où elle sera finalement rachetée par Jack Sears qui en avait pris le volant à deux reprises en 63 et remporté la catégorie GT au Guards Trophy de Brands Hatch. On le croisera régulièrement à son volant lors d’évènements historiques. En 99, il la revend pour 6 millions à John Shirley, le vice président de Microsoft qui va continuer de l’exposer et la faire rouler lors de concours d’élégance ou d’évènements consacrés à la marque.

 

A vendre !

Entre temps, la 250 GTO avait subit les affres du temps et de la compétition. Son moteur avait été remplacé à plusieurs reprises et sa robe blanche avait fini par être remplacée par le Rosso Corsa. En 2008, Shirley fera reconstruire un V12 sur les spécifications d’origine par l’équipe de Ferrari Classiche qui en profitera pour lui valider sa certification, le fameux « Red book ». Quelques années plus tard, il passe la 2ème couche en lui offrant une restauration complète où elle va retrouver sa teinte Bianco Speciale. Depuis 2016, on va la croiser au Windsor Castle, au Cavalino Classic, à Pebble Beach, Hampton Court et Retromobile. Sa prochaine sortie, elle la fera l’année prochaine, du 6 au 18 janvier 2026 lors de la vente Mecum à Kissimmee en Floride. Oui, John Shirley s’en sépare et les paris sont déjà ouverts pour savoir si elle va s’offrir le record de vente pour une Ferrari. A suivre…

 

 

© Mecum

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