En 72, quand Aston Martin dévoile sa bestiale et méchante V8, on a du mal à imaginer qu’il ne s’agit en fait que d’une évolution de la DBS qu’elle vient par la même occasion pousser à la retraite. Faut reconnaitre que 50 ans plus tard, la gueule de l’Aston Martin V8 fait toujours autant d’effet. Et encore, attendez de voir celle que je vous ai trouvée… vous risquez d’avoir peur !

De la DBS à la V8
En février 72, en proie à des difficultés financières depuis 2 ans, David Brown finit par succomber aux généreuses offres et cède Aston Martin au groupe Company Developments, installé à Birmingham et jusqu’à maintenant principalement actif dans l’immobilier. Pour marquer son arrivée, la nouvelle direction fait aussitôt redessiner la DBS afin de lui ôter toutes les références à l’ancien propriétaire. En avril 72, l’Aston Martin V8 est présentée à la presse pendant que la DBS qui conserve son 6 en ligne devient Vantage.
19 ans de carrière
Si la Vantage se contentera d’une courte carrière d’une seule et unique année, la V8 portera le drapeau Aston pendant longues 19 années. Pour y arriver, elle sera aidée par quelques évolutions mécaniques et stylistiques. Son châssis n’évoluera pas… son V8 non plus. Enfin si… mais il gardera sa cylindrée de 5.3 l tout au long de sa carrière ainsi que sa transmission que ce soit la boitoto 4 vitesses ou la boite manu 5 rapports. Né avec une injection mécanique et 315 ch, il passera aux Weber double corps ou à l’injection électronique pour terminer avec plus de 400 ch dans les pistons. De quoi en faire, pour certains, la première supercar anglaise !
Série 3 un peu spéciale
Celle que je vous ai trouvée est une Aston Martin V8 Série 3 de 77. Comprenez par là que son V8 est gavé par 4 double corps Weber 42 pour 315 ch. De quoi passer le 0 à 100 en 6 secondes et vider son réservoir aussi vite qu’un pack de bières en plein mois d’aout ! Si ce n’est qu’elle a reçu une cure esthétique qui a largement de quoi décontracter le sphincter du premier puriste venu…
Wide body
Cette Aston Martin V8 passée en « Wide body » est surtout une ode au tuning bling bling (put*** ça rime !) des 80’s et 90’s. On peut d’ailleurs constater que si les années sont passées, le bon gout n’a pas forcément fait son apparition dans le milieu des footballeurs… au contraire.
Que de la gueule
Quoiqu’il en soit, cette Aston V8 a commencé sa carrière de l’autre côté de l’Atlantique en robe bleu Cambridge. Miami fut son premier terrain de jeu… et c’est d’ailleurs là bas que son proprio lui a offert un abonnement à la salle de muscu. Attention, la cure n’a été qu’esthétique et extérieure. Mécaniquement, le V8 n’a subit aucune modif, il chante juste plus fort à travers une ligne inox et est toujours castré par sa boitoto 4 rapports.
Soooo British !
Dans l’habitacle c’est la même avec son cuir naturel, sa moquette épaisse, sa ronce de noyer, ses commandes électriques, la clim, l’horloge analogique et son klaxon biton. Bref, la classe so british n’a pas été sacrifiée par des baquets tendus d’Alcantara ou des placages en carbone look !
‘Tention, elle mord !
Par contre dehors, c’est la fête du string ! Faut dire que d’origine, une Aston V8, c’est pas Paddington. A moins que l’ourson ne se soit transformé en grizzly. Une gueule de méchante avec un comportement caractériel… l’équilibre est au moins même si on aurait préféré qu’il soit sur la route. En effet, prenez la comme une GT rapide car la bête n’a rien de sportif en dehors de ses chronos. La faute à une architecture périmée, qui s’appuie sur un pont arrière De Dion, avec un tube qui relie les deux roues. En gros, dès que la route devient bosselée, tu comprends pourquoi le cuir c’est plus pratique que le velours, surtout lorsqu’il faut le nettoyer… mais je m’éloigne du sujet et vous me laissez faire !
XXL
Comme je le disais, d’origine, l’Aston V8 affiche un physique impressionnant. Celle là, elle est devenue aussi monstrueuse que bestiale. La faute à son kit réalisé en alu et sur mesure par un carrossier qui manifestement n’était pas en manque d’imagination… et de talent. Car qu’on aime ou pas, le job est là. Les ailes ont pris du muscle, mais comme on le faisait dans les 80’s. C’est carré… et à l’avant, relié par une lèvre inférieure aérée et équipée d’antibrouillards et de longues-portées. Tant qu’on est sur l’avant, la calandre passe en full black et la prise d’air du capot a gagné en hauteur. A l’arrière c’est l’aileron de type Ducktail qui sert de lien entre l’aile gauche et la droite. Les bas de caisse relient l’avant à l’arrière. Enfin une robe noire brillante habille l’ensemble et se charge même des chromes. Aux quatre coins, des HRE Performance de 18″ remplissent les ailes. Peut être que des combinés filetés auraient pu asseoir l’engin, la rendre encore plus bestiale… mais ceci n’engage que moi.
A suivre…?!
En tout cas, le look est terrible. Alors oui, on est loin de la grâce d’une X Pack, mais ce look tout en muscle lui va si bien. A croire que c’est elle qui a inspiré la Victor en 2020. Avec une telle dégaine on aurait pu se dire qu’un duo de turbos ou un swap en mode V12 aurait pu avoir sa place dans l’histoire. Mais bon, c’est celui qui fait le chèque qui décide… et si pour ce coup il s’est contenté de l’esthétique, rien n’empêche un futur proprio de ma rendre encore plus méchante…

































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